Ville de Monestier-de-Clermont

Ville de Monestier-de-Clermont

La Porte du Trièves

Le plus ancien établissement hôtelier de Monestier-de-Clermont était l'hôtel du Lion
d'Or, situé au carrefour du chemin des Chambons. Il est cité dès le XVIIe siècle. Une date,
vraisemblablement 1462, est gravée sur le fronton de la porte, près de laquelle on peut voir, à
l'étage, une belle fenêtre à meneau. Le propriétaire à l’époque, était Pierre Achard.
A la fin du XIXe siècle, Barthélemy DUSSERT est le tenancier de l’établissement.
Originaire des Saillants-du- Gua, ancien conducteur de diligence, il s'était marié en 1852 avec
une fille du village et avait acheté l'hôtel. Il fit peindre sur la façade une magnifique enseigne à
son nom dont il ne reste aujourd’hui que quelques traces mais qui était parfaitement lisible
récemment. Barthélemy était aussi «entrepreneur de voitures publiques » c'est-à-dire qu’il
assurait le transport de personnes et de marchandises et qu’il louait également des voitures à
cheval. Une remise (aujourd’hui « La Diligence ») et une vaste écurie qui, dit-on, pouvaient
accueillir 60 chevaux, faisaient face à l'hôtel. L’écurie a été détruite lors du bombardement de
Monestier le 13 juillet 1944 et a fait place à un petit parking.
Renommé pour la qualité de la cuisine de la patronne, l'établissement vit, d’après la
tradition, se dérouler de mémorables concours à celui qui mangerait le plus de ravioles. Certains
participants arrivaient, dit-on, à en ingurgiter plus de cent.
A la fin de XIXe siècle, le tourisme se développa et procura à l'établissement une belle
prospérité. L'affluence était particulièrement forte, au printemps et à l'automne lors du passage
de ceux qu’on appelle les « Cannois ». Ceux-ci étaient de riches familles qui passaient l’été au
frais en Suisse ou en Savoie et la mauvaise saison sur la Côte d'Azur. Ils transitaient par
Monestier-de- Clermont où ils faisaient étape au Lion d'Or.
Cette période qui durait plusieurs semaines était marquée par une grande effervescence
au village. Les voyageurs y stimulaient en effet le commerce car ils se procuraient des victuailles
locales, notamment du fromage. Ils achetaient aussi du foin qu’ils faisaient diligenter vers le
midi par voie ferrée.
L'animation à l'hôtel était également forte lors des célèbres concours de ski et fêtes
organisées dès le début du XXe siècle, comme le prouvent plusieurs cartes postales anciennes.
Elles montrent en outre que la bâtisse, ancien relais des diligences, abritait le bureau de poste.
Au décès de Barthélemy Dussert en 1902, c’est Alfred Piot, originaire de Grenoble, qui
devint propriétaire de l'hôtel. Et ce jusqu'en 1912 date à laquelle il fit construire, à quelques
encablures de là, le « Modern’hôtel ». Le bâtiment perdit alors sa vocation hôtelière pour
devenir maison d'habitation. Notons qu’il abrita aussi, dans les années 20, l'atelier de
fabrication de pantoufles d'Alfred ROBERT.

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